mardi 23 octobre 2012

Coup de coeur musical #1 : Lou Doillon, Places


 
Tout d'abord, laissez moi vous dire combien je suis furieuse. Je venais de rédiger un post du tonnerre sur Places, l'album de Lou Doillon, et comme une idiote, j'ai quitté la page sans m'en rendre compte en effaçant tout le contenu initial de ce post. Alors on reprends, en espérant que je retrouve le fil de mes mots. Oui alors, Lou Doillon se met à la chanson.
Perplexe, je me suis dit, " ça y est, la it-girl ne sait plus quoi faire de sa vie alors elle chante ". Comme tant d'autres actrices et mannequins avant elle, Karen Elson, Micky Green, Vanessa Paradis, Sandrine Kimberlain ou autres Carla Bruni. Et puis j'ai commencé à en lire des critiques mitigées, flatteuses, enflammées dans mes magazines habituels. Chez Grazia, on a salué son timbre de voix mais on a trouvé que comme Lou est une it-girl à low boots, c'était évident qu'elle finirait par sortir un disque en trouvant la ressemblance à Patti Smith et Cat Power ratée, oui, c'était les références sous jacentes de l'album. Un peu facile n'est ce pas! 
Les gars, ce n'est pas parce que Lou arbore une crinière frangée mal coiffée à l'image de Mamie Patti qu'elle veut l'imiter. Ce n'est pas parce que Places comprend des balades mélancoliques qu'il faut automatiquement l'associer à Cat Power! Ces journalistes... (à Libé, ils l'ont tuée!)
Quant à moi, je fus conquise. Oui bon, j'adorais déjà Lou Doillon. A la base, je l'ai découverte dans un film d'Edouard Molinaro où elle incarnait une Nana (Nana, l'héroïne de Zola hein!) des temps modernes et donnait la réplique à un Jocelyn Quivrin ténébreux et un tout jeune Tomer Sisley. Puis je me suis beaucoup intéressée à son style vestimentaire "rock", négligé, simple alors ok, on pourrait s'enflammer sur cette french touch, des looks faussement négligés comme si on s'était réveillées à la bourre et avions sauté dans un jean (c'est celaaa oui!) mais ce n'est pas le propos.
Et l'album? Oui, alors Places c'est onze titres superbes, réchauffés par le timbre envoûtant, erraillé de Lou, qui fait d'elle une vraie chanteuse à l'inverse de sa soeur qui ne fait que minauder.  ICU, le tube, est officiellement LA chanson du dimanche où tu as envie de te suicider (dixit mes copines!). A comprendre par là que le morceau est beau. Tout en douceur, Lou nous berce et nous embarque avec elle en pleine nostalgie, vous savez la nostalgie qu'on aime, celle qui appelle à cette joyeuse déprime d'adolescent où l'on aime à rêver et méditer sur sa condition.

mercredi 17 octobre 2012

Coup de coeur créateur #1 : Aurélie Bidermann

Ma copine Léa (vous savez, celle avec qui j'adore médire sur Garance Doré!) fait son stage chez Aurélie Bidermann, chicissime créatrice de bijoux qui a débuté en 2003 après avoir obtenu son diplôme de gemmologie au département d'art contemporain de Sotheby's.
Ses créations sont juste parfaites, élégantes, fantaisistes et délicates. Rien de bling-bling mais une inspiration omniprésente du voyage et de la poésie. Pas tape à l'oeil pour un sou et c'est précisément ce que j'adore dans son travail. A bon entendeuse (Léaaaa ya moyennn ou bien :) ? Je déconne!)
Le best seller de sa dernière collection c'est incontestablement le collier "Do Brasil" où l'or est mélangé à des tresses de fils de cotons colorés. Mais pour moi, la masterpiece c'est les manchettes! J'en suis gaga! Aussi fou que cela puisse paraître, je n'ai jamais compris ce qu'on pouvait trouver dans un diamant ou ce genre de bijoux pour miss France qui vous font mal aux yeux tellement ils brillent. Pour moi, un bijou c'est tellement personnel et intime qu'il doit raconter une histoire. Il doit avoir un vécu qui le rend plus précieux que s'il était serti de je-ne-sais-combien-de-carats. 
Un bijou c'est un gri-gri, une amulette, un porte-bonheur, le souvenir de sa grand mère (je m'emballe), une breloque qui permet l'accumulation. Ce que j'aime dans un bijou, c'est aussi son ancienneté, son usure, c'est pour ça que j'adore Aurélie Bidermann mais également le travail de Diane Schuh, la créatrice de Pagan Poetry  qui joue avec ce code et va même jusqu'à associer le bijou avec une tribu. Les séries de mode de ses collections sont juste sublimes et et nous content les légendes de civilisations anciennes à travers des héroïnes antiques : princesses byzantines ou amérindiennes, le bijou devient plus qu'un accessoire de par les créations originales de Diane, il se fait vêtement.













jeudi 11 octobre 2012

Stage, semaine #4 : frustration


Eh oui, le temps passe trop vite lorsqu'on ne s'ennuie pas. Bientôt s'achève mon stage dans un studio où j'ai appris pleins de nouvelles techniques de prise de vue. Comparé à mon ancienne boîte où j'ai bouffé du packshot estampillé grande distribution, lors de ce stage, j'ai appris à donner dans le packshot raffiné, à shooter des produits haut de gamme réservés aux professionnels de la cuisine. J'ai bossé sur des recettes destinées à de chouettes bouquins notamment pour les éditions Larousse.
Oui mais maintenant? Je fais quoi?
J'ose espérer que demain on va me dire " Megh (oui le boss et le styliste m'appellent Megh!), tu voudrais pas rester? On t'embauche!" . Je veux, je ne peux pas, je me dois de rester un tantinet réaliste. Alors maintenant que je n'ai plus rien de prévu pour des mois et des mois (amen!), n'hésitez pas à me suggérer toute occupation digne de ce nom.
La bonne nouvelle? Je vais pouvoir continuer de chercher des fripes. Pour l'instant j'ai quelques adresses dans le 7ème :

- Bric à Brac, rue Sébastien Gryphe où j'ai déniché une sublime veste Gérard Darel pour la modique somme de six euros! Bon oui, elle est trop grande! Attendez de voir comment je vais la transformer!

-  Frip'attitude/Emmaüs, rue de Créqui, où je n'ai rien trouvé à part une ceinture à deux euros.

- Mistigriffe, avenue Jean Jaurès où j'ai trouvé une veste qui n'avait rien à envier à celles de the Kooples mais qui était quand même trop chère pour ma chétive allocation chômage et ma banquière!

- La Croix rouge, rue de Créqui mais c'était fermé!

lundi 8 octobre 2012

Hedi Slimane chez St Laurent, pari gagné!

Oubliés Chanel, Lagerfeld et autres décors de folie, a mes yeux le grand vainqueur de cette fashion week printemps-été 2013 c'est Hedi Slimane chez Saint Laurent. Quand j'ai appris qu'il était nommé nouveau D.A, j'ai trépigné d'impatience de savoir ce qu'il allait nous réserver. Après avoir révolutionné le vestiaire masculin pour Dior Homme à grand renfort de rock, de slim, de cuir, de silhouettes androgynes et de visages juvéniles, il nous revient pour réaffirmer les codes de la femme St Laurent après avoir photographié le renouveau rock des années 2000.
Rappelons nous les strokes, rappelons nous Peeeete (Doherty, oui j'étais fan!), rappelons nous sa peinture d'une époque, rappelons nous Hedi Slimane Diary, la jeunesse rock de Los Angeles, ses noir et blanc profonds, cette densité incroyable, cette brutalité, cette désinvolture, ce talent quoi.
Certes, Hedi joue la provoc' et désappointe la mode, il fait déménager le studio de création à L.A, il change le nom d'Yves St Laurent en Saint Laurent Paris, mais en voyant les premières images de la campagne de pub qu'il a réalisé égal à lui même, j'étais sûre qu'il ne nous décevrait pas quand la presse fashion l'attendait au tournant, effaçant presque le suspens fou de la première collection de Raf Simons pour Dior.
Et comme pour confirmer mes dires, au premier rang du défilé s'alignaient sagement au Grand Palais Pierre Bergé, Betty Catroux, Anna Wintour, Grace Goddington, Jessica Chastaing et même Valérie Trierweiler!
Bilan du défilé? A l'inverse d'un Raf Simons qui choisit un décor blanc et sobre, Hedi préfère un univers sombre. Au plafond, d'immenses panneaux noirs qui s'effacent pour laisser apparaître immenses bafles et stroboscopes sur une bande son signée Junior Kimbrough. Sur le catwalk, des mannequins aux cheveux lâchés avec de larges chapeaux vissés sur la tête. Les tenues? Tout les codes de la maison revisités avec talent par un Slimane visiblement très inspiré : Lavallières, smoking, longues robes seventies, capes, mousselines, sahariennes, noir, transparence, sauvage. La femme St Laurent quoi. Je suis sûr qu'Yves himself aurait applaudi! Tout est bien qui fini bien, les journalistes de mode ont approuvé l'enfant terrible et Pierre Bergé l'a adoubé : "Slimane est le digne successeur d'Yves. Il sait jouer avec les codes, avec l'ADN de Saint Laurent, sans le copier, il le modernise vraiment".